I. Présentation de La Chaîne de l’Espoir


La Chaîne de l’Espoir est une ONG internationale humanitaire, indépendante, apolitique et non confessionnelle, fondée en 1994 qui intervient actuellement dans 30 pays.


La mission de La Chaîne de l’Espoir est d’améliorer l’accès aux soins médico-chirurgicaux des personnes vulnérables, particulièrement les enfants et les femmes, dans des contextes de fragilité ou de crise en renforçant les systèmes de santé par la formation médico-chirurgicale, le soutien en ingénierie hospitalière et le transfert de nouvelles technologies.


La Chaîne de l’Espoir privilégie une logique d’intervention intégrée dans une chaîne de soins et une action commune avec les équipes locales, visant à leur autonomie. Pour ce faire, les médecins, soignant et techniciens bénévoles opèrent et forment aux techniques les plus adaptées aux besoins et contextes. La Chaîne de l’Espoir met en place les moyens structurels nécessaires à la chirurgie, tant matériels (construction hospitalière, équipement) qu’humains (compétences médico-chirurgicales paramédicales, techniques). En amont, elle investit dans la prévention et le dépistage.


II. Contexte et justification


Le Mozambique fait face à d’importants défis en matière de santé, avec un accès limité aux soins spécialisés. En plus du manque d’infrastructures adaptées, le pays souffre d’une pénurie de personnel médical qualifié en cardiologie pédiatrique, ce qui limite fortement la prise en charge des cardiopathies infantiles et entraîne une forte dépendance aux évacuations sanitaires vers l’étranger.

Pour faire face à cette situation, La Chaîne de l’Espoir a initié ses actions au Mozambique dans les années 1990 en transférant des enfants en France pour être opérés. Face à la demande croissante, l’association a soutenu la création de l’Institut du Cœur de Maputo (ICOR) en 2001 et la formation des équipes médicales locales, permettant aux enfants d’être opérés dans leur propre pays.

Depuis sa création, l’ICOR a connu une évolution significative et est devenu un centre de référence en chirurgie cardiaque pédiatrique, réalisant plus de 180 opérations par an. Aujourd’hui, l’enjeu est de poursuivre cette dynamique en garantissant l’autonomie des équipes locales, tant sur le plan technique qu’humain, tout en renforçant la formation des spécialistes et en améliorant les infrastructures pour répondre à une demande en forte croissance.

Ainsi, La Chaîne de l’Espoir poursuit son engagement à travers :

  • Le renforcement des capacités des professionnels de santé mozambicains de l’ICOR, lors de missions de compagnonnage menées une à deux fois par an et conduites par des bénévoles de l’association ;
  • Le soutien financier au Pavillon des Enfants permettant l’hébergement des enfants vulnérables et garantissant ainsi un accès aux soins pour ceux venant de régions éloignées.

Bien que des avancées majeures aient été réalisées, La CDE n’a conduite aucune évaluation sur ses activités au Mozambique, depuis la construction de l’ICOR jusqu’à son développement actuel. Il est essentiel de capitaliser sur cette expérience afin de mieux comprendre comment nous sommes passés de la construction d’un institut spécialisé dans la prise en charge des cardiopathies pédiatriques à un centre autonome techniquement et financièrement. Il conviendra de mettre en avant les grands jalons et les grands facteurs de réussite de cette évolution.

Il est crucial d’analyser le modèle économique de l’ICOR, d’examiner l’état des infrastructures et équipements, d’évaluer les formations dispensées et ressources actuelles, et leur capacité à répondre aux besoins croissants.

Plus largement, cette capitalisation nous permettra d’affiner nos stratégies d’accompagnement de nos partenaires hospitaliers dans d’autres pays de la région et du continent et de renforcer l’efficience de notre soutien sur le moyen et long terme.

C’est dans cette optique que nous recrutons un consultant, qui travaillera en collaboration avec un bénévole médical et un bénévole biomédical de la Chaîne de l’Espoir, dont l’expertise permettra de structurer cette évaluation et d’apporter des recommandations pour assurer la pérennité et l’amélioration continue des services de l’ICOR.


III. Objectifs de l’étude


Objectif :

L’objectif de l’étude est d’évaluer et de capitaliser sur le « modèle » ICOR, de sa construction à son autonomisation (entre 2001 et 2026).

Objectifs spécifiques :

Le consultant a pour objectif de :

  • Examiner en détail le processus de programmation, conception et construction de l’ICOR, en récapitulant les ressources mobilisées, les planning et budgets totaux envisagés et finalement réalisés, et en identifiant les obstacles rencontrés et les solutions mises en place.
  • Étudier la viabilité du modèle économique et les procédures en identifiant les sources de financement et la gestion actuelle. Cette étude donnera suite à une identification des éventuelles améliorations.


En collaboration avec le bénévole biomédical de la Chaîne de l’Espoir :

  • Évaluer l’état des infrastructures et des services, et leur évolution depuis sa création (à travers la collecte de documents tels que l’ensemble des plans DOE Dossier d’Ouvrages Exécutés à l’ouverture, les plans actuels à jour par niveau, le plan d’équipement initial et actuel, l’utilisation finale des salles et retours d’expériences des équipes, les taux d’occupation par secteur, les problématiques récurrentes, l’état général, etc.).
  • Collecter les indicateurs clés de performance sur l’infrastructure, le biomédical et la logistique (taux de destruction de médicaments, le nombre et le type d’équipements biomédicaux et d’infrastructure, budget de maintenance annuelle, nombre de maintenances préventives et correctives, volume sous contrats de maintenance externes, etc.).


En collaboration avec le bénévole médical de la Chaîne de l’Espoir :

  • Analyser la formation du personnel médical et technique, en précisant le nombre de professionnels formés, la durée, les lieux des formations et leur impact sur l’autonomie des équipes locales. Une analyse sur l’évolution des recrutements depuis l’ouverture du centre est aussi attendue.
  • Évaluer quantitativement et qualitativement l’évolution des activités et des services médicaux de l’ICOR depuis sa création (à travers la collecte d’indicateurs cliniques comme le taux de mortalité, le taux et type de complications post-opératoires, temps de séjour, etc.).


Il conviendra ainsi de proposer une analyse rigoureuse sur la base des documents et des chiffres clés communiqués par La Chaîne de l’Espoir et de l’ICOR.


IV. Résultats et livrables attendus


  • Une synthèse retraçant l’historique, la construction et l’évolution de l’ICOR, incluant les points forts et les axes d’amélioration, sur les aspects gouvernance, RH, budget, planning et techniques
  • Une analyse des indicateurs cliniques détaillée (nombre et type d’interventions/consultations, taux de mortalité, taux et type de complications post-opératoires, temps de séjour, etc.).
  • Un bilan détaillé des formations réalisées (nombre de sessions, participants, compétences acquises, lieux de formation) incluant les points forts et contraintes rencontrés et des propositions pour leur optimisation (à travers un modèle type de plan de formation pour les diverses spécialités de la chirurgie cardiaque et des profils techniques par exemple). Le bilan sera accompagné d’une analyse de mobilité et de recrutement de personnel médical formés depuis la création de l’ICOR.
  • Une analyse des infrastructures et équipements biomédicaux et médicaux existants, accompagnée de recommandations chiffrées pour leur amélioration et leur adaptation aux besoins actuels.
  • Une évaluation financière du modèle économique de l’ICOR avec des pistes d’amélioration viables et adaptées aux ressources disponibles.
  • Une cartographie des acteurs de santé présents au Mozambique notamment les structures de santé partenaires et les prestataires externes.


Livrables 

1

Un plan de formation cible par spécialité (médicale et technique)

2

Une analyse approfondie du modèle économique et des stratégies financières de l’ICOR

3

Une cartographie des partenariats avec les autres structures hospitalières (mozambicaines et étrangères) et les prestataires externes

4

Compte-rendu des entretiens ou focus groupe

5

Un document de synthèse sur les bonnes pratiques mises en place par la gouvernance de l’hôpital

6

Rapport provisoire

7

Rapport final (tenant compte des retours des parties prenantes – 50 pages)

8

Synthèse du rapport (4 pages)

9

Présentation PowerPoint synthétisant les résultats qui servira de support lors de l’atelier de partage des résultats


V. Méthodologie

La méthodologie qui sera adoptée pour l’étude repose sur une approche participative et une combinaison de techniques de recherche quantitatives et qualitatives. Cette approche permet d’obtenir une compréhension complète des enjeux, tout en favorisant une collaboration active entre les consultants, les deux bénévoles et les parties prenantes. Elle s’articule autour de plusieurs étapes clés qui garantiront l’efficacité et la rigueur de l’étude, tout en permettant une analyse approfondie du terrain et des dynamiques en place.

  1.  Préparation de l’étude : prise de connaissance des documents et cadrage

La première étape de la méthodologie consiste en la lecture des documents existants fournis par La Chaîne de l’Espoir. Cette phase de documentation permettra au consultant de se familiariser avec le contexte de l’étude et de comprendre les enjeux spécifiques relatifs à l’organisation et aux programmes en cours. Ces documents constitueront une base essentielle pour la suite de l’étude.

Suite à cette phase de préparation documentaire, une rencontre sera organisée au siège de La Chaîne de l’Espoir, rassemblant les acteurs clés, en particulier le Pr Deloche, la Direction de l’Expertise Technique incluant le Département Médical et le Département Infrastructure & Biomédical, la coordinatrice programme et les deux bénévoles. Cette réunion de cadrage a pour but de préciser les attentes de l’étude, d’échanger sur l’organisation du travail et de discuter des objectifs spécifiques à atteindre. Les informations supplémentaires fournies lors de cette rencontre permettront au consultant de mieux comprendre la dynamique de l’étude et de définir un plan d’action cohérent.

  1.  Collecte de données sur le terrain et rédaction

Une fois la phase préparatoire achevée, le consultant et les bénévoles passeront à l’étape suivante, celle de la collecte des données sur le terrain. Ce travail impliquera la mobilisation de méthodes mixtes combinant des enquêtes quantitatives et des recherches qualitatives. Les consultations de terrain incluront des entretiens avec des acteurs locaux, des observateurs et des bénéficiaires, afin d’obtenir des données riches et variées sur les enjeux abordés. Parallèlement, des questionnaires – préparés par le consultant en collaboration avec les deux bénévoles et validés par La CDE et l’ICOR – seront distribués pour recueillir des données quantitatives sur des échantillons spécifiques.

Cette phase sur le terrain (entre 7 et 14 jours) est essentielle pour compléter la compréhension des dynamiques sociales, économiques et culturelles des programmes de La Chaîne de l’Espoir et permettra de collecter des éléments précieux pour la phase d’analyse. Une fois les données collectées, la phase suivante consistera à organiser, analyser et rédiger les résultats obtenus. Cette étape est cruciale pour transformer les informations brutes en éléments exploitables et pertinents pour les objectifs du projet.

Le consultant assurera la coordination avec les bénévoles tout au long de sa mission de consultance et jusqu’à la soumission du rapport final.

La rédaction s’appuiera sur une approche claire et structurée, visant à présenter de manière synthétique les principales découvertes issues des enquêtes quantitatives et qualitatives. Les résultats seront présentés de manière logique, en mettant en évidence les tendances, les corrélations et les points saillants identifiés lors des entretiens et des questionnaires. Une attention particulière sera portée à la clarté des arguments et à la pertinence des données présentées, de façon à faciliter la compréhension et à fournir des recommandations concrètes et fondées pour les futures actions de La Chaîne de l’Espoir.

  1.  Restitution des résultats et synthèse

Une fois les données collectées et analysées, le consultant et les deux bénévoles retourneront au siège de La Chaîne de l’Espoir pour une phase de restitution. Ce moment clé permettra de présenter les résultats préliminaires aux parties prenantes, d’échanger sur les premières analyses, et de recueillir des retours précieux avant la rédaction du rapport final. La restitution permet également de confirmer ou d’ajuster les conclusions en fonction des retours des acteurs concernés.

VI. Calendrier


Activités

Date limite

Responsable

1.

Date limite de réception de dossiers de candidature

24 avril

Comité de sélection CDE

2.

Signature du contrat de consultance

4 mai

Comité de sélection CDE

3.

Réunion de cadrage sur les TdR et la méthodologie


07 mai


Comité interne CDE et le consultant

4.

Revue documentaire

14 mai

Consultant et les deux bénévoles

5

Entretien siège (Pr Deloche, l’équipe programmes)

14 mai

Consultant et les deux bénévoles

6

Entretien avec les bénévoles

14 mai

Consultant et les deux bénévoles

7

Visite terrain, entretien parties prenantes du projet, analyse et traitement des données

18 mai au 31 mai

Consultant et les deux bénévoles

11

Préparation du rapport d’évaluation (50 pages au maximum à l’exclusion des annexes), synthèse du rapport (4 pages)

Du 01 au 10 juin

Consultant et les deux bénévoles

12

Soumission du rapport provisoire


8 juin

Consultant et les deux bénévoles

13

Réunion de restitution du rapport et debriefing à La CDE

11 juin

Consultant et les deux bénévoles

16

Soumission du rapport final

20 juin

Consultant et les deux bénévoles


VII. Profil et compétences recherchés


Pour la réalisation de l’étude, l’expertise et les expériences prouvées dans les domaines suivants sont demandées :

  1. Expérience d’au moins 5 ans dans le secteur hospitalier
  2. Expérience dans la gestion de projets dans le secteur de la santé
  3. Connaissance de l’évaluation et du MEAL
  4. Connaissance du système de santé et des politiques publiques en Afrique serait un atout
  5. Maîtrise du portugais et/ou de l’anglais
  6. Très bonne maîtrise des outils informatiques


La Chaîne de l’Espoir ajoutera deux membres bénévoles à la mission.


VIII. Dossier de candidature


ADossier administratif

Le dossier de candidature doit comporter :

  • Un curriculum vitae décrivant les expériences professionnelles du consultant
  • 3 références professionnelles du la consultant sur des études similaires
  • Rapport de 2 études réalisées
  • L’adresse physique du la consultant
  • Le nom complet et les coordonnées de la personne-ressource à contacter
  • Attestation d’assurance en responsabilité civile professionnelle


  • Pour les entreprises de droit français, les documents légaux ci-dessous devront être fournis :
  • Extrait K-bis de moins 3 mois
  • Attestation de déclaration à l’URSSAF
  • Bilan annuel 2025


  • Pour les entreprises étrangères, un bilan financier annuel 2025 est demandé. D’autres documents légaux pourront être demandés en fonction du lieu d’exercice.


B.Offre technique :

L’offre technique doit être composée de :

  1. La présentation de l’expertise et de l’expérience du soumissionnaire
  2. Une note explicative sur la compréhension des TdR
  3. Une description de la méthodologie permettant d’atteindre les objectifs et de l’organisation de la mission envisagée
  4. Une proposition d’un chronogramme prévisionnel mentionnant les différentes phases et respectant les délais présentés dans les TdR


C.Offre financière

Le dossier de candidature comportera une offre financière détaillée précisant l’ensemble des coûts.

Afin de faciliter la comparaison des offres financières, il est recommandé aux soumissionnaires de fournir une ventilation du montant proposé. Le soumissionnaire doit spécifier dans cette ventilation budgétaire les honoraires et tous les coûts associés, en tenant compte du nombre de jours de travail prévus, des activités programmées, du matériel à produire, ainsi que du nombre de jours sur le terrain, conformément à ce qui aura été décrit dans la proposition technique. Les modalités et conditions financières doivent être également précisées.

Par ailleurs, les soumissionnaires voudront bien noter que les paiements ne pourront être effectués que sur la base des produits livrés, c’est-à-dire sur présentation du résultat des services spécifiés dans les TdR et après validation de ces livrables par les services compétents au sein de La Chaîne de l’Espoir.


Des imprévus peuvent être intégrés dans ce budget (5% maximum des coûts directs, sur justificatifs, seront éventuellement utilisables avec l’accord de La Chaîne de l’Espoir).


NB : Bien vouloir noter que les offres doivent être soumises en Euros TTC pour les soumissionnaires qui sont au régime normal. Selon la législation applicable, La Chaîne de l’Espoir effectuera une retenue à la source des éventuelles taxes. L’offre financière doit être disponible dans un fichier Excel détaillé.

Comment postuler

Les offres technique et financière et le dossier administratif doivent être envoyés par email à l’adresse suivante : afrique.prog2.assist@chainedelespoir.org


Date finale de réception des dossiers de soumission : 24/04/2026 au plus tard à 18h (heure France métropolitaine).

NB : Seuls les candidats présélectionnés seront contactés d’ici le 04/05/2026.

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